La Tour des Crânes

Après la bataille de Čegar, les Turcs désiraient de se venger au peuple serbe le plus cruellement possible. Dans la périphérie de Niš, sur la route qui menait vers Istanbul, ils décidèrent d’ériger une tour des crânes de soldats serbes tués. Khursit Pacha, commandant turc de Niš dans la période 1809-1812, ordonna aux maroquiniers serbes d’écorcher la peau des têtes et de les rembourrer avec du coton. Pour cette besogne, il les paya 25 groschens par tête. Les peaux remplies de coton furent envoyées au Sultan d’Istanbul, en signe de victoire. Des crânes fut construite la Tour des Crânes, ce qui en turc signifiait la tour de crânes humains. La Tour des Crânes a une forme carrée, d’une hauteur de 4 m. Les têtes étaient faces à l’extérieur, fixées avec du chaux et sable. Il y a eu 952 crânes alignés en 14 rangs de chaque côté.

Avec un tel nombre de têtes, la Tour des Crânes eu un effet effrayant sur tous ceux qui la voyait. Elle laissa un effet fastidieux et pénible surtout à la populace serbe en ville et dans les alentours. Pour des raisons humaines et religieuses, les chrétiens de Niš enlevaient pendant la nuit les crânes de la Tour et les enterraient au cimetière. Prenant connaissance de ceci, les Turcs ont interrompu cette pratique. Avec le temps, toutefois, l’opinion sur la Tour des Crânes changea chez les Turcs plus réels.

Pendant son administration à Niš (1861-1866), Mithade Pacha, éduqué à Paris, eu l’intention de détruire ce monument barbare, mais fut face à une opposition des Turcs nichois. De cette manière, la Tour fut préservée, faisant ainsi un grand service à nos peuples. Jusqu’à la libération de Niš des Turcs en 1878, la Tour était à découvert. Dans cette année, une palissade autour et un bâtiment au-dessus de la Tour furent construits. Quatorze ans plus tard, avec des dons des habitants de la Serbie, fut construite la chapelle qui existe de nos jours. Après la libération de Niš, le nombre de crânes de la Tour a significativement diminué.

À la diminution du nombre de crânes à la Tour des Crânes a influencé, entre autres, le temps lui-même, de manière qu’aujourd’hui 58 crânes ont été préservés de l’oubli. La protection and l’adaptation de la Tour des Crânes, faites les premières années après la libération de la ville, continuèrent plus tard. Lors de la célébration du 60ème anniversaire de la libération de Niš des Turcs (1937) autour de la Tour des Crânes a été érigé un monument en l’honneur de Stevan Sindjelić et un relief représentant la Bataille de Čegar. Le monument fut l’œuvre du sculpteur Slavko Miletić. Lors de la célébration du 180ème anniversaire de la Bataille de Čegar, le 31 mai 1989, l’espace de la Tour des Crânes fut arrangé et la chapelle fut rénovée.

En érigeant la Tour des Crânes à Niš, a une ville qui connecte l’Europe centrale avec celle du sud-est et du Moyen Orient, les Turcs désiraient que ce monument soit un avertissement aux peuples des Balkans – qu’une mort atroce les trouvera s’ils essaieraient de se soulever contre la seigneurie turque. Le monument, cependant, n’a pas joué ce rôle. Au contraire, il a été un incitant pour la libération définitive.

Quand en 1833, le poète and l’académicien français Alphonse de Lamartine (1790-1869) publia à Paris son œuvre « Voyage en Orient », dans un chapitre à part intitulé « Notes sur la Servie », il fut secoué avec ce qu’il vit à la Tour des Crânes, et il marqua, entre-autre les mots suivants : « Je salua de mon œil et de mon cœur les restes de ces gens courageux, dont les têtes coupées sont devenues la pierre de fondation de l’indépendance de leur patrie ».

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